Ce n’est en rien évident d’être ici aujourd’hui, car même s’il était temps que tu t'en ailles, même si le calvaire devait cesser, même si tu réclamais à corps et à cri une petite pilule pour passer de l’autre côté… Le chagrin n’en reste pas moins présent et accablant.
Il y a quelques temps de cela à l’occasion d’un moment passé en ta compagnie, je t'avais exprimé mon souhait de te voir coucher, sur papier, ton histoire... Et la voici résumée ci-dessous :
Jeannine Aurélie Josephine Pestel est née le 13 novembre 1932 à Cardroc en Ille et Vilaine.
Ses parents Jean-Baptiste Pestel et Emilie Bertin se sont rencontrés en travaillant dans une ferme à Cardroc. Ensemble, Ils eurent 3 enfants : Emile et Jeannine, des jumeaux, en 1932 puis Léa 1934.
Malheureusement, Emilie, sa maman, décédera lors de la mise au monde de son 4ème enfant mort-né.
A cet instant Jeannine et Emile n’ont que 4ans et Léa 2ans, ils seront placés chez des oncles et tantes, leur père étant dans l’incapacité de s’occuper d’eux.
Ainsi mamie arriva chez la tante Jeanne à Saint-Remy les Chevreuse et pour elle se fût le choc, elle passait des champs et d’une maison au sol en terre battue à un milieu beaucoup plus citadin.
Elle passa toute son enfance et son adolescence à St Remy chez sa Tante Jeanne et son Oncle Louis.
Après un court passage chez M. et Mme Guillory, mamie partie travailler à Bruxelles comme jeune fille au pair. A cette époque, elle était âgée de 20ans.
C’est lors d’un mariage de la famille Guillory auquel elle était conviée, à Marcoussis, qu’elle fit la connaissance de Papy Gilbert.
Le mariage fut célébré le 28 mars 1954 et elle eut son unique fils Alain 10 mois plus tard, soit le 28 janvier 1955.
Ensemble ils développèrent une exploitation maraichère, sur les terrains que le grand-père Lucien leur avait cédés et en en louant d’autres.
L’activité fut harassante, et même s’ils avaient fini par s’équiper de tracteur et autres engins, le plus part des manœuvres se faisaient le dos plié en deux…
Dans les premiers temps, Mamie et Papy, vécurent rue Émile Zola dans une petite maison appartenant au Grand-père Lucien puis ils achetèrent un bien rue Gambetta. Pendant leur journée de dur labeur, Alain qui était encore petit était gardé par leur voisine Mme Lachaume qui habitait le trottoir d’en face.
Après la mort de la Tante Jeanne, mamie et Papy accueillir sous leur toit l’Oncle Louis qui demeura avec eux jusqu’à sa mort (il fut d’ailleurs enterré à Marcoussis).
Papy et mamie firent ensuite construire une maison rue des Ruelles qu’ils laissèrent habiter dans un premier temps par mes parents (Alain et Catherine).
Une fois que mes parents eurent construit leur propre maison Route de Briis, la maison des Ruelles était fin prête à accueillir papy et mamie… Ce fut d’ailleurs leur dernière demeure …
Dans cette maison ils accueillir régulièrement Roger Filoux, son cousin Germain, et sa femme Nicole avec qui ils furent très proche.
Papy Gilbert décéda le 01 novembre 1991 à l’âge de 64ans par suite d’un AVC. Mamie vécue le reste de sa vie seule dans sa maison rue des Ruelles qu’elle laissa ouverte à qui voulait venir passer un peu de temps en sa compagnie, nous pourrions lister ici des membres de sa famille : Sylvette, Régine, Nicole, Colette, Catherine, Françoise, Murielle, Claude, Dédé … ainsi que des amis, voisins, voisines : Madeleine, Annie, Réjeanne, Dédé, Paula, Nicole, Geneviève, Claude etc…
Beaucoup de personnes se sont succédé dans cette petite maison de la rue des Ruelles…
Pour ma part je me souviens du terrain dans son entièreté avec la grange dans le fond où nous allions jouer dans les graviers et la terre pour embêtés de pauvres vers de terre mais aussi pour ramasser des haricots verts et des framboises …
Je me souviens des cabanes fait en rideaux et autres bouts de tissus dans les bouleaux et ramenés à grand renfort de brouette.
Je me souviens de Marine la fille de Murielle et de Julien qui venait passer des après-midis avec nous.
Chez mamies c’était open bar ! Entre Club Dorothée et bonbons a volonté, bâches savonneuses dans la descente devant la maison et l’eau qui coulait à foison, le bac à sable et sa colonie de Stroumphs… On a passé des moments inoubliables dans cette maison … et pourtant on ne lui a pas rendu un quart de ce qu’elle nous a donné… Entre prise de bec et ingratitude le comportement de ses deux petites filles adorées lui causait parfois bien du chagrin… Et nous le regrettons avec Aurore pour en avoir parlé bien des fois, car elle était magique notre mamie, fabuleuse, toujours là pour nous, sans concession aucune …
Les virées au ciné – Mac Donald’s aux Ulis 2, les allers-retours chez Greard au village… Ahhh on l’a vu sillonnée la Fiat Panda avec sa couverture au dessin zébré dans les rues de Marcoussis.
Puis le temps a passé, et nous avons pris notre envol, un peu plus loin, un peu moins là… Mais le lien n’a jamais été ni rompu, ni atténué…
De coup de fil en visite impromptue, de repas de famille en gouter d’anniversaires, toujours là, toujours présente…
Et ces dernières années sous un nouveau format, celui de Grand-mamie avec l’arrivée de Yanis en 2014 puis de Jeanne en 2017. Un nouveau rôle rempli avec Brio…
Aujourd’hui tu n’es plus et j’ai peine à le réaliser, peine à intégrer que tu étais là dans ma vie depuis le 1er jour où je suis née et que maintenant chaque jour se fera sans toi …
Ta poupée Brune